Combien de fois ChatGPT lit votre site pour une seule visite ? Radiographie du trafic IA d'un site de 990 pages

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En bref : sur e-slovenie.com, ChatGPT lit environ 560 pages par jour à la demande de ses utilisateurs et renvoie 7 visiteurs par jour. Un ratio de 81 lectures pour 1 clic. Seules 58 % des requêtes de pages viennent d’humains. Les assistants IA pèsent 2,1 % des visiteurs, en hausse de 173 % en un mois. Tout cela se mesure, à condition de ne pas chercher la réponse dans Search Console.

La question de départ

Après mon post sur l’éclipse du 12 août et le trafic qu’elle avait généré, un lecteur m’a posé la bonne question : « Tu as un moyen de distinguer ce trafic IA du vrai trafic humain dans tes logs, ou ça reste au niveau des hypothèses ? »

La réponse tient en trois parties, et la plupart des chiffres qui circulent sur le « trafic IA » ne précisent jamais laquelle ils utilisent.

NiveauPeut-on le mesurer ?Comment
RobotsOuiLes agents déclenchés par un utilisateur (ChatGPT-User, Claude-User, Perplexity-User) s’annoncent dans le user-agent. Les logs du CDN les comptent par page et par jour.
HumainsOui, mais sous-comptéCelui qui clique un lien dans une réponse arrive avec le domaine de l’assistant en referrer (chatgpt.com, copilot.microsoft.com, perplexity.ai, gemini.google.com, claude.ai). Les apps effacent souvent ce referrer : c’est un plancher.
GoogleNonAI Overviews et AI Mode sont fondus dans les totaux « Web » de Search Console, sans filtre. Il ne reste que des indices.

L’écart entre les deux premiers niveaux, c’est ce que j’appelle le trafic fantôme : des lectures qui ne deviennent jamais une visite.

Ce que disent les logs (mesuré)

Trois jours de logs Bunny CDN (22 au 24 août 2026), chaque requête classée par user-agent. Sur 8 664 requêtes de pages par jour :

L’agent qui domine est ChatGPT-User, avec 562 requêtes par jour. C’est le user-agent qu’OpenAI envoie quand un utilisateur pose une question et que ChatGPT va lire la page à l’instant. Une requête équivaut à peu près à une réponse qui s’est appuyée sur la page. Sur trois jours, il a lu 101 pages différentes du site.

Le tableau par plateforme, en requêtes par jour :

PlateformeCrawl (entraînement)Index IALecture à la demandeClics humainsRatio
ChatGPT16895626,981
Claude570200,729
Perplexity04400,2aucun
Gemini3via Googlebotinvisible0,7inconnu
Copilot0via bingbotinvisible0,7inconnu
Alexa / Rufus019300aucun

Deux enseignements. Perplexity indexe le site mais ne le lit jamais pour un utilisateur : être indexé n’est pas être utilisé. Gemini et Copilot n’ont pas d’agent de lecture propre, ils passent par Googlebot et bingbot : leurs clics existent, leurs lectures sont invisibles.

Les pages que les assistants lisent

Presque uniquement des pages anglaises, presque uniquement des pages « réponse » : le nouveau régime de circulation du col de Vršič, la vallée de la Soča sans voiture, l’accès à la cascade Peričnik, l’auto-train de Bohinj, la route du Mangart, les gorges de Vintgar. Des données datées, vérifiées sur place, structurées en tableaux. Ce qu’un assistant ne peut pas inventer, il vient le chercher.

Côté humains, les pages où l’on atterrit depuis ChatGPT sont les mêmes sujets, avec un biais net : les questions de transport font cliquer. Un itinéraire sans voiture ou un horaire d’auto-train, l’assistant ne peut pas les résumer à lui seul.

Les humains qui sortent d’une réponse IA (mesuré)

Sur 30 jours dans Umami : 276 visiteurs venus d’un assistant IA, soit 2,1 % des 13 377 visiteurs du site, contre 101 sur les 30 jours précédents (+173 %). ChatGPT en fait 207 (+204 %), Gemini 21, Claude 20, Copilot 20, Perplexity 6. Les moteurs mixtes qui mélangent recherche et IA (DuckDuckGo, Brave) ajoutent 708 visiteurs (+340 %), comptés à part parce qu’on ne peut pas y séparer les deux.

Et Google ? (inféré)

Search Console n’expose aucune métrique IA, y compris dans la dimension searchAppearance. Mais les indices sont nets et concordants, sur 28 jours contre les 28 précédents : la part des requêtes longues (6 mots et plus) passe de 3,9 à 8 % des impressions, les requêtes en forme de question de 6,8 à 10,7 %, les impressions hors francophonie de 71 à 80 %, dans 196 pays.

Un confondant à ne pas cacher : l’éclipse du 12 août explique l’essentiel des +222 % d’impressions de la fenêtre, et c’est elle qui fait monter le CTR en top 3 (7 → 16 %), à l’inverse d’une signature AI Overviews. Le reste du faisceau tient : les pages qui reçoivent plus de 90 % d’impressions étrangères dans 40 à 80 pays sont exactement celles que ChatGPT-User lit le plus. Deux systèmes qui ne se parlent pas choisissent les mêmes pages. L’hypothèse est solide : AI Mode cite ces pages dans des dizaines de langues, comme on l’avait déjà observé sur la page Vintgar en juillet (528 requêtes visibles en 27 langues, 13 clics sur 21 venus de citations conversationnelles).

Reproduire l’analyse sur votre site

J’ai transformé la méthode en un skill open source pour Claude Code, geo-xray, dans le dépôt github.com/lipaonline/seo-geo. Trois scripts sans dépendance (logs Bunny, referrers Umami, API Search Console) et un entonnoir par plateforme. Adaptable à un autre CDN ou un autre outil d’analytics en modifiant un seul fichier. Une précaution : l’API de logs Bunny ne conserve que 3 jours, il faut activer le stockage permanent des logs sur la pull zone ou archiver chaque jour.

Le rapport complet, 9 pages : Radiographie du trafic IA, e-slovenie.com, août 2026 (PDF).

À retenir

  1. Le trafic IA se mesure, à condition de regarder au bon endroit : logs et referrers donnent des faits, Search Console des indices. Ne pas mélanger les deux dans un même chiffre.
  2. Le ratio lectures / clics est la vraie métrique de visibilité IA. 81 : 1 ici. Dans trois mois il dira si les assistants lisent plus, envoient plus, ou lisent sans jamais envoyer.
  3. Être indexé n’est pas être utilisé.
  4. Les pages lues sont des pages « réponse » avec des données datées.
  5. Ce qui fait cliquer, c’est ce que la réponse ne peut pas absorber.